Histoires

Quand bonheur rime avec solidarité

Au mois de mars 2020, le Covid-19 est entré au Liban, forçant les familles à s’enfermer chez elles. Alors que la plupart des habitants se précipitaient vers les magasins pour faire le plein alimentaire, Hana* comptait les quelques livres libanaises qu’elle avait réussi à économiser la semaine d’avant. Avec ses économies, elle acheta du produit nettoyant et du savon.

Ces six derniers mois, le Liban a connu plusieurs bouleversements.

En octobre, des manifestations contre la situation économique défaillante ont pris le pays de court. Un peu plus tard, les banques libanaises ont imposé des contrôles sur l’accès au dollar américain provoquant une perte de valeur de la livre face au dollar. Aujourd’hui, le Liban accueille le Covid-19, cet invité qui n’est pas le bienvenu.

Hana et sa famille

Le mari d’Hana l’a quittée il y a deux ans, elle et leurs trois enfants, pour épouser une autre femme et commencer une nouvelle vie. Le fils aîné d’Hana, Jamal*, a seize ans et poursuit ses études gratuitement dans un orphelinat. Il rend visite à sa famille toutes les trois semaines. Il veut terminer l’école pour pouvoir obtenir un travail qui lui permettra d’aider financièrement sa mère, son frère et sa sœur. Ali*, qui a neuf ans, n’a pas pu rejoindre Jamal à l’école car il était déscolarisé pendant plusieurs années et ne sait donc ni lire ni écrire. Rama*, la benjamine d’Hana, a maintenant deux ans.

« Nous remercions Dieu, » me dit Hana, « nous sommes plus fortunés que d’autres. Nous avons notre maison, de l’eau et de la nourriture. Et nous sommes en paix car nous savons que Dieu nous voit et prend soin de nous. »

Hana gagne un petit revenu en faisant le ménage chez ses voisins. Cela lui permet d’acheter le nécessaire, comme du pain et du riz.

Hana vérifie le contenu du kit

 

Un nouveau défi à relever : le Covid-19

« Lorsqu’on commençait à parler du Covid, au mois de mars, j’ai dit à Jamal de revenir immédiatement à la maison. Je suis allée au marché et, avec mes petites économies, j’ai acheté du produit nettoyant et du savon. En rentrant, j’ai nettoyé toute la maison et fermé la porte. Je me suis demandé ce qui allait nous arriver… Tout le monde parlait du Covid et de l’importance de rester à la maison, alors c’est ce qu’on a fait.

En règle générale, je vois des gens presque tous les jours. Certains nous apportent des courses, du lait et des couches pour Rama, ou alors des vêtements pour les enfants. Mais ce qui me fait le plus plaisir, ce n’est pas ce qu’ils nous apportent, même si nous en avons vraiment besoin, c’est de voir que nos voisins se soucient de nous et veulent nous savoir en bonne santé. Ils nous donnent de l’espoir. »


Des bénévoles Medair transportent les kits hygiène de l’entrepôt aux camions

 

L’importance d’être solidaire

« Quand je vous regarde, je vois des personnes qui ont choisi de quitter leur pays, de voyager jusqu’à nous, de mettre des masques et des gants, de nous parler, de nous aider à comprendre ce qu’est ce virus. Croyez-moi, le plus important, ce n’est pas le savon que vous nous donnez, c’est votre présence à nos côtés.

Mes enfants ne grandissent peut être pas dans les meilleures conditions, mais quand ils vous voient, ils voient des âmes pleines de compassion et de gentillesse. Vous leur montrez un formidable exemple. »

Hana et sa famille font partie des 200 familles qui ont rencontré notre équipe la semaine passée. Medair travaille avec l’Organisation libanaise pour les études et la formation (LOST) dans le but de sensibiliser les populations sur le Covid et de distribuer des articles d’hygiène. Ce projet est possible grâce au soutien financier de l’Union européenne via le Fonds Madad pour la Syrie

 


 

En travaillant avec l’Union européenne, nous pouvons être solidaires de personnes traversant une période très difficile et leur apporter notre soutien.

*Les prénoms ont été modifiés.