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Là où la guerre s'intensifie, l’aide doit durer

February 23, 2026
par Medair
Ukraine
En février, l’Ukraine entre dans sa cinquième année de guerre. Nous venons de recevoir ce message de notre collègue Naomi, sur place. Il vous est spécialement adressé :

J’écris ces lignes avec les 21 % de batterie restants de mon ordinateur, assise dans un sous-sol à moins de 20 kilomètres de la ligne de front. Depuis cet abri, la réalité de la guerre est frappante : elle s'approche désormais de la durée de la Première Guerre mondiale. La guerre n’est plus seulement une succession de chocs et de mouvements, mais une guerre d’endurance marquée par une intensification continue. Le nombre de missiles et de drones frappant l’Ukraine chaque mois est ainsi passé d’environ 1 000 en août 2024 à 5 200 en décembre 2025, cette intensification se vit maintenant pleinement au cœur de l’hiver.

© Naomi Gumaer

Cet hiver est de surcroit le plus froid depuis des années atteignant –20°C. Les systèmes de chauffage peinent ou tombent en panne. Dans ces longues nuits si froides, le silence n’est brisé que par le bruit mécanique des drones et le grondement lointain des missiles. J’ai récemment rendu visite à une jeune famille dans un village précédemment occupé du nord-est de l’Ukraine. Les parents ont de jeunes enfants dont un nouveau-né. Leur maison est endommagée mais tient encore debout. Ils ont réparé ce qu’ils pouvaient et barricadé le reste. Leurs espoirs étaient modestes : la sécurité, la stabilité, un avenir pour leurs enfants. « Nous voulons une vie bonne et sûre pour eux », m’a dit la mère, comme si elle énonçait une évidence qui, ici, reste hors de portée.  

Quelques nuits plus tard, une forte attaque de missiles m’a réveillée. Le bâtiment a tremblé, la peur est arrivée si vite, mais je n’avais que moi à protéger. Mes pensées sont revenues immédiatement à cette famille : à ces parents tentant de calmer leurs enfants effrayés, eux qui n’ont connu que la guerre, et la fatigue qui s’accumule jour après jour.

C’est la partie de la guerre dont on parle rarement : la perte progressive de sécurité, de stabilité et de bien-être mental. Les enfants montrent des signes d’anxiété et de retard de développement, les adultes de l’épuisement et les personnes âgées restent seules dans des maisons endommagées.

Pour de nombreuses communautés le long de la frontière nord-est de l’Ukraine, partir n’a jamais été une option réaliste. Le coût du départ, financier comme émotionnel, est trop élevé. Alors les gens restent. Ils endurent. Ils s’adaptent et portent tout le poids de la guerre.

L’hiver accentue chaque fragilité. Une fenêtre manquante devient un risque pour la santé. Un toit endommagé provoque une situation de crise. Les hôpitaux essayent de maintenir leurs activités grâce à des générateurs. Les familles dorment dans leurs manteaux. Tenir devient chaque jour plus difficile. Aujourd’hui, l’aide humanitaire en Ukraine va bien au-delà de la réponse d’urgence à laquelle vous avez peut-être déjà contribué. Elle s’inscrit dans la durée (Medair est présente depuis 2022 en Ukraine), pour aider les familles à tenir : garantir l’accès à l’eau, au chauffage et à un abri, afin qu’elles puissent rester chez elles. Un soutien qui préserve non seulement la vie, mais aussi la dignité et la résilience.

La guerre continue. Et la vie aussi.

Entre les pannes et les alertes aériennes, les familles fêtent des anniversaires, les enfants apprennent à lire, les voisins réparent les toits les uns des autres. Continuer ainsi n’est pas un choix. C’est une épreuve quotidienne. Cette épreuve a un coût. Elle met en tension la survie, la dignité et la possibilité même de rester chez soi. Ces personnes ne luttent pas pour l’exceptionnel, juste préserver l’essentiel : un avenir ordinaire.

Là où la guerre s'intensifie, l’aide doit durer.

Votre soutien permet d’apporter une aide vitale là où les besoins sont les plus urgents : chauffage d’urgence pour survivre à l’hiver, réparations d’abris endommagés, services de protection et accompagnement pour aider les familles à tenir face à la guerre. Vous permettez à des familles comme celle que j’ai rencontrée dans le nord-est de l’Ukraine de traverser cette épreuve avec dignité et espoir. En vous écrivant, je pense aussi aux familles confrontées à la faim au Soudan, aux déplacements forcés au Liban, ou encore aux catastrophes naturelles à Madagascar et dans d’autres pays de crise où nos équipes sont engagées.

Grâce à votre don aujourd’hui, Medair pourra intervenir là où les besoins sont les plus urgents, en Ukraine et dans les tous les autres pays où nous intervenons.


Pouvons-nous comptez sur votre soutien ?

Avec gratitude,
Naomi Gumaer
Chargée de mission humanitaire -  Medair Ukraine

This content was produced with resources gathered by Medair field and headquarters staff. The views expressed herein are those solely of Medair and should not be taken, in any way, to reflect the official opinion of any other organisation.  

February 23, 2026
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