Un abri familier : leur école est désormais leur refuge
.webp)
« Nous avons fui avec seulement ce que nous pouvions porter. Mais au moins, mes enfants sont ici avec moi, dans un endroit qu'ils connaissent. C'est inconfortable, certes, mais c'est un endroit où ils ont un peu moins peur », explique Salma.
Plaine de la Bekaa, Liban – Deux semaines après l'escalade des hostilités au Liban, des vagues de frappes aériennes intenses sur Beyrouth, la Plaine de la Bekaa et le sud du Liban, les ordres d’évacuation ont contraint plus d'un million d'hommes, de femmes et d'enfants à prendre la fuite.
Parmi eux se trouve Salma, mère de six enfants, qui a quitté le nord de la Bekaa à la recherche d'un endroit sûr pour elle et ses enfants.
« J'ai quatre filles et deux garçons », explique Salma. « Mes filles font leur scolarité ici même, dans cette école. Chaque matin, nous venions du nord de la Bekaa juste pour les déposer à l'école. Je ne m’imaginais pas qu'un jour ce bâtiment deviendrait notre refuge. »
Lorsque les ordres d'évacuation ont atteint le nord de la Bekaa, Salma savait qu’il fallait agir au plus vite.
.webp)
« Je paniquais mais je savais qu’il fallait agir », se souvient-elle. « J’entendais les frappes aériennes se rapprocher de notre quartier. J'ai rassemblé les enfants aussi vite que possible et nous sommes partis de manière précipitée. A un moment donné, j'ai vraiment cru que nous n'y arriverions pas. Tout ce que je voulais, c'était trouver un endroit où les enfants seraient à l’abri et ne se sentiraient pas complètement perdus. »
Cet endroit c'est l'école que fréquentaient ses filles. Aujourd'hui, les salles de classe qui abritaient autrefois des pupitres et des cahiers sont pleines de matelas et de sacs, et des centaines de familles déplacées y vivent.
« Quand j'ai appris que l'école avait ouvert ses portes pour accueillir les familles, je n’ai pas trainé », explique Salma. « Mes filles connaissent cet endroit : les couloirs, la cour, et même l'odeur des salles de classe. Elles ne se sentent pas perdues ici, et ce sentiment de familiarité me réconforte. »
.webp)
Mais la vie au sein de l’abri collectif est loin d'être facile. Environ 400 personnes y séjournent actuellement et l'espace est limité. Salma et ses enfants partagent une salle de classe avec deux autres familles.
« Ce qui m'inquiète c’est que si une personne tombe malade, elle pourrait rapidement contaminer les autres » confie-t-elle. « Nous vivons les uns sur les autres, les salles de classe et les toilettes sont toujours bondées. Je fais le maximum pour que mes enfants restent propres et qu’ils aient des choses à faire, mais dans un tel contexte, il est difficile d'avoir une vie normale. »
Un peu partout au Liban, des bâtiments publics, en particulier des écoles, ont été convertis en abris collectifs accueillant les familles fuyant les hostilités. Si ces espaces offrent une sécurité immédiate, ils ne sont en général pas équipés pour accueillir des foules.
Les installations sanitaires sont mises à rude épreuve et les risques sanitaires explosent, en particulier pour les enfants. Ces abris doivent être soutenus et aménagés en conséquence. Une sensibilisation à l'hygiène, l'accès aux services de santé et la fourniture d’articles essentiels restent primordiaux pour protéger les familles déplacées.
.webp)
Les équipes de Medair interviennent dans les abris collectifs et autour de ceux-ci afin de répondre aux besoins les plus urgents. Plus tôt dans la journée, Hiba, bénévole en santé communautaire formée par Medair, s'est rendue dans la salle de classe où vit Salma pour animer une session de sensibilisation à l'hygiène adaptée aux familles vivant dans des espaces confinés.
« Cela m'a aidée, surtout en ce qui concerne le quotidien avec autant de personnes », explique Salma.
Des unités de santé mobiles interviennent dans les abris collectifs pour soigner les familles. « Je dois surveiller ma tension artérielle et ma glycémie », nous informe Salma. « En temps normal, je fais attention à ce que je mange, mais ici, c'est compliqué. Les équipiers Medair m'ont accompagnée à la salle où les médecins reçoivent les personnes déplacées. Je suis rassurée de savoir qu’il y a des services de santé à proximité. »
Medair offre des soins de santé primaire, des sessions de sensibilisation à la santé et orientent les personnes souffrant de maladies spécifiques vers des spécialistes. Ces services permettent de répondre aux problèmes de santé immédiats tout en réduisant les risques liés aux conditions de promiscuité.
« Nous n’avons rien pu emporter lorsque nous avons fui notre maison », explique Salma, d’une voix triste. « Mais au moins, mes enfants sont ici avec moi, dans un endroit qui leur est familier. Oui, c’est inconfortable, mais ils ont un peu moins peur. Et pour l'instant, c'est tout ce que je souhaite.»
Le travail de Medair au Liban est rendu possible grâce au financement du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), de la Coopération suisse au développement par le biais d'Interaction-CH, le ministère fédéral allemand des Affaires étrangères (AA), le Département d'État des États-Unis, la Coopération monégasque pour le développement, la Métropole de Grenoble, l'Agence de l'eau Rhône Méditerranée Corse, ainsi que de généreux donateurs privés.
Ce contenu a été élaboré à partir de ressources recueillies par le personnel de Medair sur le terrain et au siège. Les points de vue qui y sont exprimés n’engagent que Medair et ne reflètent en aucun cas l’opinion officielle d’autres organisations.
%20(1).webp)
.webp)
.webp)