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Forts face à l’adversité

Les besoins humanitaires s’intensifient en 2022

Cette année n’a pas été des plus faciles. La fin de l’année approche à grands pas et mes émotions sont partagées, comme pour bon nombre d’entre vous. Les mauvaises nouvelles affluent, le retour à un semblant de normalité est loin d’être évident et l’incertitude est omniprésente.

Alors que je m’accorde enfin une pause, je consulte l’Aperçu humanitaire mondial 2022 des Nations Unies publié récemment et celui-ci indique que les besoins humanitaires ont atteint un niveau record. Selon les prévisions, 274 millions de personnes auront besoin d’aide l’année prochaine, soit 39 millions de plus que l’an dernier. Il s’agit là d’une forte augmentation par rapport aux années précédentes.

De nombreux facteurs sont à l’origine de ces niveaux inégalés. On compte parmi ceux-ci la pandémie de la covid, et l’émergence de nouveaux variants ainsi que le manque d’accès aux vaccins dans de nombreux pays à faibles revenus. L’impact croissant du changement climatique fait que les phénomènes météorologiques extrêmes sont de plus en plus fréquents. Les femmes et les enfants sont particulièrement affectés par des conflits brutaux, et on remarque notamment une recrudescence des violences sexuelles. Cette année, on a enregistré un chiffre record de 82,4 millions de personnes déplacées, soit deux fois plus qu’il y a dix ans et l’équivalent de 1 % de la population mondiale. Et plus de la moitié de celles-ci sont des enfants.

1 % de la population mondiale a été déplacée de force, dont 4 millions de personnes au Yémen.

Et ça ne s’arrête pas là. La famine atteint des sommets, et les conditions propices à celle-ci se développent dans plusieurs pays. L’effet domino de la pandémie entraîne un effondrement des systèmes de santé dans de nombreux pays à faibles revenus. Les progrès durement accomplis dans les domaines tels que le VIH, la tuberculose, le paludisme, les soins prénataux et les vaccinations chez les enfants, ont été anéantis. Les perturbations de l’économie mondiale ainsi que les pénuries des chaînes logistiques alimentent ces crises et entravent le financement et l’apport de l’aide humanitaire. L’accès aux personnes dans le besoin est de plus en plus restreint et le travail que nous faisons est rendu plus dangereux à cause des attaques régulières que nos collègues subissent.

Les conditions sont loin d’être idéales.

Comment est-il possible de garder espoir dans ce contexte ?

Je garde espoir en sachant que nous sommes présents là où nous devons l’être : Medair intervient actuellement dans les 8 crises humanitaires les plus graves au monde. Selon les NU, ces crises sont également celles qui reçoivent le moins de financement. On compte parmi ces pays l’Afghanistan, Madagascar, la RD Congo, le Soudan du Sud et le Yémen.

Medair intervient dans les crises humanitaires les plus graves, et notamment en Afghanistan. Nous avons fourni une aide en espèces à 50 000 personnes, pour leur permettre de survivre cet hiver.

Je garde aussi espoir en sachant que nous, en tant qu’organisation humanitaire, avons un personnel engagé et prêt à intervenir dans les 24 à 48 heures en cas de nouvelle crise. Nos équipes de travailleurs humanitaires professionnels et hautement qualifiés ont pu apporter de l’aide dans 11 cas sur 12 (des situations d’urgence).

Je garde espoir en sachant que nos équipes extraordinaires sont toujours à la pointe de la recherche et des solutions de protection contre la covid ; en signant la Charte sur le climat et l’environnement pour les organisations humanitaires, que je vous expliquerai plus en détails plus tard, et en sachant que mes collègues veillent à ce que les voix et la contribution des communautés locales soient toujours au cœur de notre travail.

Je garde espoir en sachant que nous avons noué des partenariats solides au sein de la communauté humanitaire, du secteur privé et avec nos donateurs. Nous faisons tout notre possible pour rassembler nos forces. Nos partenaires des secteurs privés se joignent à nous pour innover et développer nos outils, des systèmes de signalisation précoce des catastrophes naturelles aux abris résistants aux inondations en passant par des bâches biodégradables. Et lorsque nous faisons appel à vous, les donateurs, vous réagissez toujours promptement pour nous aider.

Je garde espoir en sachant que je travaille avec des personnes remarquables, telles que Yasmin au Bangladesh, qui m’a dit qu’elle ne pourrait pas imaginer faire autre chose de plus extraordinaire que d’aider les réfugiés Rohingyas. Nombre des membres de notre personnel local ont choisi de décliner d’autres offres pour faire ce qu’ils font et ce même en ces temps d’incertitude et face aux critiques de leurs communautés, pour avoir la conscience tranquille.

Mais je trouve avant tout de l’espoir auprès des personnes auxquelles nous apportons de l’aide, comme la famille que j’ai rencontrée au Liban qui a fuit les conflits en Syrie avec leur fils handicapé. Cette famille vivait dans une tente avec peu ou aucune ressource mais leur ingéniosité, leur joie et leur positivité m’ont subjugués. Je n’ai pas rencontré des victimes mais des survivants. Des survivants qui acceptent notre soutien et qui le transforment en quelque chose d’extraordinaire.

Notre travail avec les réfugiés Syriens au Liban me donne espoir car je rencontre des personnes qui acceptent notre soutien et qui le transforment en quelque chose d’incroyable.

Et c’est pour ces raisons-là que je garde espoir en l’avenir. Les défis sont peut-être de taille, mais avec plus de 30 ans d’expérience dans ce domaine, c’est devenu notre raison d’être. Si nous continuons de travailler ensemble, de nombreuses personnes pourront avoir un futur plus radieux. Alors je ne suis pas prêt à renoncer de croire à un avenir meilleur.

Je vous souhaite à tous paix, espoir insatiable, et joie pour l’année 2022.


Ce contenu a été produit à partir de ressources recueillies par le personnel de Medair sur le terrain et au siège. Les opinions exprimées dans ce document n’engagent que Medair et ne doivent en aucun cas être considérées comme reflétant l’opinion officielle de toute autre organisation.