Congo (DRC): Un nouveau centre pour un nouvel espoir

Le nouveau centre de santé du camp de Linakofo permet aux nombreuses familles déplacées de ne plus avoir à traverser une forêt dangereuse pour se faire soigner.
Une contraction forte saisit Merci. Alors que la douleur se dissipe, elle se redresse et respire profondément. Le soleil se couche déjà à l’horizon. Elle doit se rendre immédiatement au centre de soins de Dungu May situé à 6 km. Pour cela, elle doit emprunter un petit chemin de terre à travers la forêt.
Mais cette forêt est dangereuse, surtout la nuit. Comme la plupart des déplacés du camp de Linakofo, Merci Mborigie, 33 ans, y a trouvé refuge pour fuir les terribles attaques de la milice dans les villages de la région. Le poste armé près du camp offre une certaine sécurité, mais la nuit dans la forêt, les civils sont exposés aux risques d’attaques, de viols ou de meurtres.
Quitter le camp est une décision risquée, même en plein jour, comme en témoigne Justine Misa. L’année passée, à la mi-journée, des rebelles de l’Armée de Résistance du Seigneur ont enlevé deux de ses filles qui se trouvaient en dehors du camp. Pendant plusieurs semaines, les jeunes filles ont subi de nombreux abus avant de s’échapper et de retrouver leur mère. « C’est un miracle que mes filles soient revenues ! », dit Justine.
À l’est de la RDC, les rebelles de l’Armée de Résistance du Seigneur ont terrorisé les populations locales en commettant d’horribles actes de barbarie. Ils ont tué et mutilé de nombreux civils sans compter les enlèvements et les viols de femmes et d’enfants.
Les habitants de la plupart des régions du Haut Uélé, dont Dingila, Doruma, Bangadi et Niangara, ont fui leurs maisons de peur de mourir.
Aujourd’hui, plus de 300 000 personnes vulnérables comme Merci vivent dans des camps de déplacés comme celui de Linakofo ou dans des villages d’accueil surpeuplés.
Merci est consciente du danger, mais avec un enfant sur le point de naître, elle doit quitter le camp. À moins qu’elle prenne le risque d’accoucher chez elle, Merci n’a pas d’autre choix que de partir en pleine forêt en priant pour que tout se passe bien.
Elle s’enfonce donc dans la forêt. Elle essaie de retenir des cris de douleurs alors que son mari la pousse sur un vélo en inspectant les alentours. Enfin, Merci et son mari arrivent sains et saufs au centre de soins de Dungu May après plus d’une heure de marche. Ce soir-là, Merci a donné naissance à un petit garçon en bonne santé.
À cause du conflit actuel, Medair propose des soins de santé gratuits pour les populations déplacées dans le centre de soins de Dungu May, ainsi que dans douze autres centres dans la région. Grâce à cette aide, toutes les dépenses de santé de Merci ont été couvertes par Medair. « Je ne sais pas ce que j’aurais fait sans votre aide », déclare-t-elle.
Même si la prise en charge de Merci au centre de soins de Dungu May s’est bien terminée, il est évident que Linakofo a besoin d’un centre de soins de toute urgence.
En parcourant le camp de Linakofo, vous rencontrerez une communauté de 1500 personnes courageuses et résilientes qui luttent quotidiennement pour leur survie. Les familles vivent dans de petits abris faits de feuilles de palmier, de vieilles bâches et de feuilles de plastique. Ces familles ont perdu tout moyen de subsistance et dépendent des rations alimentaires distribuées par les organismes humanitaires pour survivre. Certains tentent de faire pousser de la nourriture sur de petites parcelles de terre près du camp. Leur vie entre parenthèses pour le moment, les familles espèrent que le conflit se terminera un jour pour qu’elles puissent rentrer dans leur village ou s’installer dans une autre région et reprendre une vie normale.
Leur situation est d’autant plus difficile que le centre de soins le plus proche, Dungu May, est situé à 6 km du camp, et qu’il faut emprunter un chemin dangereux à travers la forêt. « Cela fait longtemps que le département de santé du district et les partenaires de santé locaux travaillent à la création d’un centre de soins à Linakofo », explique le docteur Benjamin Manano Ung’ur, responsable de santé du district dans la zone Dungu.
Grâce à votre soutien, nous sommes heureux de vous annoncer que nous venons d’ouvrir un nouveau centre de soins proposant des soins gratuits à Linakofo. Le premier mois, nous avons effectué 311 consultations où nous avons diagnostiqué et pris en charge des patients atteints du paludisme, de diarrhées, ou de maladies sexuellement transmissibles.
« J’ai été au centre de soins deux fois déjà, dit Justine. Le mois dernier, mon fils a eu une éruption cutanée sur tout le corps. L’infirmière lui a prescrit une pommade. Nous l’avons appliquée sur ses rougeurs et elles ont disparu. J’ai également été traitée dans ce centre. »
La création du centre de soins a eu un grand impact », explique Modeste Saba Agimirungu, responsable du comité des personnes déplacées à Linakofo. « Avant l’ouverture du centre, nous ne pouvions pas quitter le camp de nuit pour aller à Dungu May. Mais ce nouveau centre est facile d’accès. »
Les personnes qui vivent à Linakofo sont très heureux du nouveau centre de soins. Elles se sont chargées d’arracher la végétation autour du centre et d’entretenir le terrain. « La communauté a voulu montrer sa reconnaissance en prenant cette initiative », déclare Emmanuel Mbolisa, un infirmier responsable du centre.
Quant aux filles de Justine, elles continuent de se remettre de leur traumatisme. Elles vont à l’école, participent aux récoltes de maïs et rêvent d’un avenir meilleur.
« Sans l’aide de Medair, nous serions mortes, déclare Justine. Les médicaments sont très chers et nous n’avons pas les moyens d’en acheter. Mais grâce à Medair, les soins sont gratuits et nous lui en sommes vraiment reconnaissantes. »
Votre soutien continu nous permet de sauver des vies et de redonner l’espoir à des femmes courageuses comme Justine et ses filles pendant des périodes difficiles de leur vie. Merci de faire un don aujourd’hui.
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Cet article a été rédigé grâce aux informations recueillies par le personnel Medair sur le terrain et au siège. Les points de vue exprimés dans cet article n’engagent que Medair et ne reflètent en aucun cas l’opinion d’autres organismes.






