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Derniers événements en Ouganda
Pourparlers de Juba
Les pourparlers de Juba se sont tenus dans la capitale autonome du Sud Soudan : ce sont une série de négociations entre le gouvernement ougandais et la LRA au sujet des conditions pour un cessez-le-feu et un éventuel accord de paix. Ces pourparlers ont débuté en juillet 2006 sous la médiation du vice-président du Sud Soudan, Riek Machar. En septembre 2006, un cessez-le-feu a été obtenu. Les pourparlers de Juba ont été décrits comme la meilleure négociation d’une solution à la guerre qui a fait rage pendant 20 ans.
La sécurité s'est par conséquent améliorée dans le nord de l'Ouganda et un nombre significatif d’habitants ont pu quitter les principaux camps. Néanmoins, au lieu de retourner dans leurs villages d’origine, les personnes déplacées se regroupent dans un certain nombre de « nouveaux sites d'implantation » afin de continuer à profiter de la sécurité du groupe. Les gens quittent essentiellement les camps principaux pour rejoindre des camps satellites plus petits. Des dizaines de milliers d’habitants du district de Pader ont déjà rejoint ces nouveaux sites.
Selon le Bureau pour la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA) :
« Deux raisons principales poussent les familles à quitter les camps de déplacés :
- l'accès facilité aux terres agricoles, qui permet aux familles d'augmenter la production de nourriture du ménage, de générer un revenu potentiel et de compléter les rations alimentaires fournies par l'aide humanitaire,
- et les difficultés de la vie quotidienne dans les camps de déplacés, comme le loyer à payer pour cultiver un potager dans le camp, la pression accrue des propriétaires terriens pour récupérer leurs terrains occupés par les camps, ou encore le sentiment général de discrimination éprouvé dans le camp. »
Les camps étant désormais plus petits, il y a donc moins de pression sur les structures sanitaires et sur les établissements de soins de santé primaire. Pourtant, les nouveaux camps satellites ne disposent pas de structures suffisantes pour l’eau et l’hygiène. Concernant les soins de santé primaire de base, les personnes continuent à dépendre des structures de santé des camps d’origine.
Cependant, entre 2006 et 2007, les taux de mortalité ainsi que l’approvisionnement en eau potable se sont nettement améliorés. D’autre part, même s’ils résident dans les camps satellites, la plupart des gens ont à nouveau accès à leurs terres et peuvent les cultiver.
La sécurité
La LRA a mené des opérations dans le district de Pader pendant une grande partie de l’année 2006. Après les pourparlers de paix, son activité a fortement diminué et elle a moins fait parler d’elle en 2007. Mais la LRA continue à terrifier la population. La LRA avait l’habitude de tendre des embuscades sur les routes principales du district, causant l’embrasement de véhicules et la mort de civils. Cependant, la sécurité sur la route a nettement augmenté depuis fin 2006, ce qui a décidé Medair à diminuer ses besoins en escorte militaire. Depuis fin 2006, Medair voyage sans escorte sur l'ensemble des routes principales du district de Pader. Fin 2007, les créneaux de déplacement (le laps de temps entre le matin et l’après-midi pendant lequel Medair est autorisée à se déplacer) ont encore été élargis afin de permettre l’accès à la région de Pader pendant presque toute la journée.
Le désarmement du peuple Karamojong
Les guerriers Karamojong, qui font paître leur bétail dans la région limitrophe aux districts de Kotido et de Pader, et qui sont souvent lourdement armés, sont une source supplémentaire d'insécurité. Les vols de bétail sont à l’origine de nombreux affrontements entre les guerriers et les Forces de défense du peuple ougandais (UPDF). La politique de désarmement forcé des Karamojong menée par le gouvernement a entraîné le déplacement de guerriers à l’est du district de Pader, ce qui a eu des effets négatifs sur la sécurité dans la zone d’opérations de Medair.
Où Medair travaille-t-elle en Ouganda ?
Medair travaille dans deux zones du nord de l’Ouganda :
- District de Pader : il est né du découpage du district de Kitgum en 2001. Medair travaille dans six camps principaux et de nombreux camps satellites de cette région, principalement dans le comté d’Agogo, où elle sert 115 000 personnes.
- Région de Karamoja : elle se situe à l'extrême nord-est de l'Ouganda. Il s’agit de la région la plus reculée et sous-développée du pays. Kaabong, où est implantée la base de Medair, se trouve au nord de Karamoja. Depuis sa base, Medair sert les cinq sous-comtés de Kaabong Rural, Lolelia, Loyoro, Kapedo et Karenga.
Les quatre objectifs de Medair en Ouganda sont :
- Fournir une aide multisectorielle aux populations de la région de Pader ayant été victimes de la LRA. Cela inclut les soins de santé primaire, l'eau et l’ assainissement ainsi qu'un soutien psychosocial.
- Augmenter les capacités du peuple Karamojong afin qu'ils puissent gérer seuls leurs besoins en eau et en structures sanitaires.
- Soutenir le peuple Karamojong et d’autres populations du nord-est du pays ayant été victimes de vols de bétail, d’embuscades et du désarmement forcé. L’aide englobe la santé, l'hygiène et la protection particulière des enfants.
- Etablir une capacité de réponse d’urgence rapide en cas d'épidémie.
DISTRICT DE PADER
Pourquoi Medair travaille-t-elle dans le district de Pader ?
Jusqu’en 2006, la LRA menait depuis 18 ans une guerre contre le gouvernement ougandais et les habitants du nord du pays. Depuis la violente reprise du conflit en juin 2002, on estime à 280 000 personnes le nombre de déplacés dans le district de Pader. Ceux-ci ont quitté leurs villages pour se rendre dans huit camps principaux et 49 camps plus petits.
Deux autres facteurs ont également encouragé la population à se rassembler dans des camps :
- les guerriers Karamojong qui sévissent à proximité ont pillé des villages en volant du bétail,
- les autorités ont encouragé les populations à vivre dans des camps.
Depuis septembre 2006, les habitants ont progressivement quitté les camps principaux pour rejoindre leurs régions d'origine. Pour l’instant, ils se sont rarement réinstallés sur leurs terres et ont au contraire décidé de s'établir dans de petits camps satellites par crainte d'une reprise du conflit ou du retour de l'insécurité généralisée dans la région.
Quels problèmes Medair cherche-t-elle à résoudre ?
Les camps principaux d’origine étaient particulièrement bondés, avec des structures en eau et assainissement limitées ; les ressources financières des écoles surpeuplées étaient réduites et les enseignants manquaient de motivation ; et les établissements médicaux étaient presque inexistants. Medair travaille dans huit de ces camps dans les domaines de l’eau & assainissement et des services de santé, notamment sur des projets de soutien psychosocial.
Pendant cette période de transition, les projets de Medair ont pour objectif de continuer à soutenir les habitants alors qu'ils regagnent leurs régions d'origine Ceux-ci doivent reconstruire leur vie car leurs maisons ont disparu et la brousse a envahi leurs champs. Ils s’installent dans des camps satellites où, bien sûr, les systèmes d’approvisionnement en eau et d’hygiène sont inexistants, tout comme les soins de santé primaire adaptés. Aussi Medair cherche-t-elle à répondre aux besoins des populations vulnérables dans les secteurs de l’eau et l’assainissment et en matière de soins de santé primaire.
Outre les problèmes de santé physiques, la guerre a eu un impact émotionnel et social très négatif, et particulièrement pour les enfants. Nombre d’entre eux vivent dans la peur et, souvent, se retrouvent désœuvrés. De plus, certains sont orphelins et ne reçoivent pas de soutien matériel tandis que d’autres ne peuvent pas aller à l'école en raison du manque de fournitures pédagogiques.
Comment Medair cherche-t-elle à résoudre ces problèmes ?
Medair apporte une aide multisectorielle au district de Pader afin de diminuer la prévalence des maladies qui sont évitables, comme le paludisme, la diarrhée et les infections pulmonaires ; Medair travaille aussi à améliorer l’accès à l’eau et à l’assainissement , et à répondre aux besoins psychosociaux des enfants qui ont été affectés par le conflit.
Services de santé
Le programme de santé de Medair a pour objectif de faciliter l’accès aux soins de santé de base (curatifs et préventifs). Medair gère des cliniques mobiles qui peuvent se rendre jusqu'à huit endroits différents. Les cliniques traitent les patients, soutiennent le rare personnel de santé officiel, fournissent des médicaments en plus de ceux procurés par le Ministère de la Santé et, si nécessaire, vaccinent les habitants.
Pendant ces visites, Medair travaille avec le personnel de santé des structures locales et leur dispense une formation afin d'assurer un niveau de service minimum satisfaisant. Ce renforcement des capacités suppose de former le personnel de santé local sur des sujets comme le diagnostic et le traitement des principales maladies, les consultations et la santé, la nutrition et l'hygiène en général. Medair a également distribué des moustiquaires à la population.
Medair s’efforce en outre d’élargir la sensibilisation et la compréhension du VIH/SIDA et du paludisme dans plusieurs camps et travaille avec des bénévoles communautaires pour enseigner les mesures préventives adaptées visant à réduire le risque de contracter ces maladies.
Soutien aux enfants et programme psychosocial
Medair apporte un soutien psychosocial professionnel et forme à la fois des enseignants et des enfants déplacés à la façon de fournir des services en santé mentale aux personnes souffrant d’une détresse émotionnelle liée au conflit. Les enfants peuvent ainsi conseiller d’autres enfants atteints de détresse émotionnelle. Ce travail a renforcé le réseau de soutien entre personnes déplacés et leur a permis de réaliser qu’ils pouvaient ainsi faire entendre la voix des orphelins, qui font partie des personnes les plus vulnérables..
Pour les encourager à retourner à l’école, Medair distribue des livres, des stylos et des crayons aux enfants qui manquent souvent de motivation. Elle fournit aussi des équipements sportifs et encourage les activités sportives et les compétitions dans les écoles primaires. Des fournitures de base sont distribuées aux orphelins.
Eau & Assainissement
Medair continue la construction de nouveaux points d’eau dans les zones mal desservies, et dans les nouveaux camps au fur et à mesure que ceux-ci sont mis en place. Toutefois, le projet d’approvisionnement en eau se concentrera désormais sur le transfert à la communauté des capacités d'exploitation et d'entretien de tous les systèmes existants mis au point ces trois dernières années. Ceci sera accompli grâce à une formation plus poussée des Comités d’utilisateurs d’eau (CUE) de chaque point d'eau. Un comité WatSan sera également établi dans chaque camp afin de soutenir les nombreux CUE et améliorer la durabilité de l’approvisionnement.
Medair souhaite réduire de manière significative le nombre de foyers devant se partager une latrine. Grâce à l’expérience acquise ces deux dernières années, Medair augmentera la construction de latrines domestiques et soutiendra la participation active de la communauté au processus.
Medair va continuer la formation de personnes chargées de la promotion de l’hygiène chargées d’identifier les mauvaises pratiques au sein de leur communauté. Les élèves apprennent à diffuser des messages alternatifs qui favorisent les bonnes pratiques d’hygiène et reçoivent des objets qu’ils peuvent distribuer à la communauté (p. ex. des jerrycans, du savon, des installations pour se laver les mains) pour lui permettre de mettre en pratique ces précieuses leçons.
KARAMOJA
Pourquoi Medair travaille-t-elle à Karamoja ?
Même si Karamoja n’est pas une « crise d’urgence » puisque ses habitants n’ont pas subi de déplacement massif, une étude réalisée au printemps 2006 a révélé que les conditions de vie y sont peut-être pires que dans les camps de déplacés du district de Pader. Des indicateurs ont révélé des taux élevés de mortalité, de morbidité et de malnutrition ainsi qu’un accès réduit à l'eau potable. Le sous-développement endémique a rendu la population extrêmement vulnérable aux épidémies et à l’insécurité alimentaire, avec une capacité de réponse aux crises très limitée.
Comme dans une grande partie de l'Ouganda, le paludisme représente une grande menace. Mais les Karamojong ne disposent d’aucun moyen de protection contre les moustiques et, dans les zones rurales, ils n’ont pas accès à des soins de santé convenables. Les maladies relatives à l’eau et à l’assainissement sont également fréquentes. La diarrhée est la troisième cause de morbidité et le choléra est endémique. Etant donné la médiocrité de l’assainissement, la méconnaissance de l’hygiène et le manque d’eau potable, on redoute constamment des épidémies de choléra ou de dysenterie.
Quels problèmes essentiels Medair cherche-t-elle à résoudre ?
Medair s’attaque à l'une des principales raisons responsables de la prévalence élevée des maladies hydriques. De nombreux puits de forage ne fonctionnent pas correctement, sont en mauvais état et/ou pâtissent du mauvais état de la pompe manuelle. Ce problème est lié à l’incapacité ou à la réticence de la communauté à acheter des pièces de rechange ainsi qu’à (en tous cas partiellement) l’absence d’un Comité d'utilisateurs d’eau (CUE) correctement formé, motivé et efficace.
Pendant des années, le gouvernement central a pris en charge l’entretien des puits locaux. Mais avec la nouvelle politique de décentralisation, cet entretien a été transféré aux communautés locales, désormais responsables de l’exploitation et de la maintenance des pompes manuelles. Malheureusement, la transition s’est faite sans formation adéquate. Medair travaille aujourd'hui à améliorer la capacité de la communauté à entretenir les puits de forage et à identifier ou traiter divers problèmes d'hygiène.
Comment Medair traite-t-elle ces problèmes ?
Avec le financement de l’UNICEF, ECHO et des dons privés, Medair veut augmenter la capacité des Karamojong à obtenir un approvisionnement en eau sûr et durable par le biais d’une approche communautaire qui réhabilite les pompes manuelles existantes. L’expérience de Medair dans les projets WatSan menés à Karamoja est ainsi mise à profit. Medair estime qu'elle peut intervenir de manière ciblée dans ce domaine et avoir un impact significatif.
La mise en place de Comités d’utilisateurs d’eau (CUE) compétents sera essentielle pour établir des sources d'eau rurales durables à Karamoja. Dans ce projet, beaucoup de temps sera investi pour soutenir, former et superviser les CUE. Cela pour nous assurer que les puits de forage sont maintenus en état et sont propres. La création de CUE servira de point d'entrée à la seconde phase qui devrait permettre de renforcer les bonnes pratiques sanitaires et hygiéniques dans la communauté.
Etant donné la vulnérabilité générale de la population, et notamment les risques élevés d’épidémies de choléra ou de dysenterie, un autre objectif fondamental de ce projet est de développer à Karamoja une capacité de réponse aux urgences.
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