Qui bénéficie de l’aide de Medair ?
Tous les bénéficiaires vivent dans des conditions critiques ; sans aide humanitaire, ils basculeront dans des conditions de crise. Sur les principaux sites de Medair, les plus exposés sont les groupes tribaux Nuer, Dinka, Shilluk et Jur Chol.
Quels sont les principaux problèmes ?
Le programme de Medair concerne l’accès aux services de santé et à l’eau potable, pour des communautés choisies et dans des situations d'urgence. La raison à cela est que la guerre n'a laissé que très peu de services sociaux fonctionnels au Sud-Soudan. A titre d’exemple, ils sont moins de 25% à avoir accès à l’eau potable et le taux de mortalité des enfants de moins de 5 ans atteint presque 25%. Seuls 30 à 40% des habitants vivent à moins d’une journée de marche d’une structure de santé de base mais plus de la moitié des établissements de santé au Sud-Soudan se trouvent dans la région équatoriale, ce qui signifie que le Bahr el-Ghazal et surtout le Haut-Nil sont extrêmement mal desservis. La capacité de l’aide humanitaire à répondre à tous les besoins de cette population vulnérable est sévèrement limitée. Les programmes de Medair visent à combler les lacunes et à favoriser l'accès des communautés les plus vulnérables aux services de santé faisant cruellement défaut et à l’eau potable ainsi qu'à fournir une aide d'urgence en attendant que les Soudanais du sud redeviennent autonomes.
Comment répondre à ces problèmes ?
Pour répondre à ces problèmes, Medair utilise autant que possible une approche multisectorielle. En 2007, elle a concentré ses activités dans les secteurs suivants :
WatSan dans le comté de Melut, Haut-Nil
- fournir des sources d'eau potable neuves ou améliorées grâce à des puits de forage
- encourager la prise de conscience de l’importance d’une bonne hygiène
- augmenter le nombre de Soudanais locaux qualifiés afin de :
- maintenir les nouveaux points d’eau et ceux déjà existants
- enseigner et sensibiliser la communauté aux habitudes à prendre en matière d'hygiène
Soins de santé primaire dans le comté de Melut, Haut-Nil SDC
- accroître l'accès et le recours aux services de santé de base grâce à :
- un Centre de Soins de Santé Primaire (CSSP)
- cinq Unités de Soins de Santé Primaire (USSP)
- encourager les capacités locales des sociétés civiles en milieu communautaire et des structures du Ministère de la Santé sur place
- améliorer les connaissances et les pratiques sanitaires des bénéficiaires formés
Réponse d’urgence dans les secteurs Santé et WatSan dans l’ensemble des 10 Etats
Services de santé
- examiner et répondre aux urgences médicales et aux épidémies en impliquant les personnes déplacées de l’intérieur (PDI) et les rapatriés
- fournir des services de soins de santé curatifs, préventifs, incitatifs et, si nécessaire, d'urgence nutritionnelle de haute qualité
- renforcement des capacités pour la gestion des urgences sanitaires :
- améliorer la gestion locale
- mettre en œuvre la capacité nécessaire pour gérer et exécuter les réponses d’urgence au niveau local
WatSan
- Mener des évaluations rapides des besoins là où l’on ne dispose pas d’informations afin d’établir la possibilité d’installer des EMWTS (Système mobile de traitement de l’eau pour les situations d’urgence)
- Fournir rapidement de l'eau potable aux populations en cas d'urgence
- Promouvoir l’utilisation des latrines sanitaires et les pratiques d’hygiène adaptées lors des situations d’urgence
Généraliser le renforcement des capacités dans ces secteurs
Le renforcement des capacités consiste à inculquer aux membres des communautés locales de nouvelles compétences pour encourager le sentiment de possession locale et la viabilité à long terme.
- Engager la responsabilité des bénéficiaires tout au long du processus de programmation
- Passer des accords communautaires avec tous les SSP avant le début des activités
- Impliquer les bénéficiaires dans la conception des propositions
Quels sont les objectifs déjà atteints par l’équipe de Medair ?
Santé
SSP (Soins de Santé Primaire)
Depuis début 2007, Medair a établi dans le comté de Melut de nouveaux sites de soins de santé primaire qui ont déjà accueilli de nombreux patients. Elle continue par ailleurs à gérer deux autres USSP à Payuer et Thangrial. Il s’agit d’une zone qui compte de nombreux rapatriés en provenance de Khartoum et d'autres régions du nord. Medair a planifié et discuté l’implantation des CSSP et des USSP avec les autorités locales et le Ministère de la Santé de l’Etat à Malakal. A Melut, un CSSP temporaire a été installé dans des tentes et des discussions sont en cours avec les autorités au sujet de l'ouverture de trois nouvelles USSP dans trois des « payams » mal desservis du comté. Les deux villages ont bénéficié d’une formation à la promotion de la santé et une formation a eu lieu à Payuer pour les comités villageois de santé. Plus de 20 000 patients ont pour l’instant été soignés dans ces villages et un bâtiment permanent abritant le CSSP ouvrira en novembre.
Les vaccinations suivent leur cours à Payuer où les enfants et les mères de famille bénéficient de programmes élargis de vaccination (PEV) de routine. Des moustiquaires imprégnées d’insecticide (LLITN) sont distribuées par le biais du programme PEV.
ERU (Equipe de Réponse d’Urgence)
Les demandes continuelles adressées à l’Equipe de Réponse d’Urgence de Medair en 2007 ont jusqu’ici apporté la preuve que l’aide d’urgence reste essentielle au Sud-Soudan.
En début d’année, une épidémie de méningite a affecté les dix Etats du Sud-Soudan. Medair a répondu en participant à trois évaluations à Renk, Tonj-Sud et Akon/Lunyak et en menant une intervention de « case management » à Marial Baai, au nord du Bahr el-Ghazal, comprenant une formation au personnel de santé déjà en poste sur la gestion des cas de méningite et une promotion de la santé et l’hygiène auprès des communautés affectées. Une campagne de vaccination contre la méningite a également été menée par l’équipe dans le comté de Tonj-Sud, Etat de Warrap.
Au cours des sept premiers mois de l'année, une épidémie de diarrhée aqueuse aiguë (DAA) a affecté de nombreuses régions du Sud-Soudan. En réponse, Medair a participé à neuf évaluations. L’équipe a aussi aidé le Ministère de la Santé de l’Etat à Malakal à diriger un Centre de Traitement du Choléra en formant les travailleurs de santé au « case management » des DAA et en signalant les cas détectés. Avec la collaboration d'une équipe WatSan de Medair, un CTC a été ouvert à Akobo (il fut ensuite cédé à PRDA) et une unité de traitement du choléra installée à Thiangrial, comté de Melut, Haut-Nil.
Toutes ces interventions ont fait l’objet d’une promotion de l’hygiène. Medair a aidé l’agence World Relief de Lietnhom à former le personnel médical au « case management » et aux procédures à suivre dans un service des contagieux. Elle a également fourni suffisamment de médicaments pour traiter au moins 50 patients atteints de DAA et formé les membres de la communauté à la promotion de la santé et de l’hygiène.
La période allant de juin à octobre (saison des pluies) a connu une nette diminution des épidémies dans tout le Sud-Soudan. Cependant, la région a été sévèrement frappée par des inondations qui ont entraîné le déplacement de nombreuses personnes désormais plus vulnérables aux maladies. L’ERU de Medair a participé à huit évaluations ayant un rapport direct avec les inondations et a distribué des LLITN.
Renk était l’une des premières zones sérieusement touchées. Medair y a envoyé une équipe multisectorielle qui a pu répondre aux besoins directs en eau et assainissement, former des habitants à la promotion de l'hygiène et de la santé et distribuer des kits de BNA et des LLITN très attendus. Les travailleurs de santé ont reçu une formation à la surveillance tandis que les promoteurs de la santé adressaient à la communauté des conseils en santé et hygiène de base pour éviter les épidémies.
Pendant deux mois, Medair a par ailleurs aidé Tearfund à atteindre 10 structures sanitaires dans la zone de Fashoda, elle aussi touchée par les inondations : il était impossible de s'y rendre par la route ou par les airs en raison des inondations et la seule solution était de passer par la rivière. Medair mena une évaluation de la zone (y compris Oriny et Aburoc), distribua des BNA et des LLITN aux personnes déplacées ainsi que des fournitures aux structures sanitaires et forma des travailleurs de santé à la surveillance.
Le nombre de cas de paludisme a augmenté rapidement en août et septembre, particulièrement dans le nord du Bahr el-Ghazal. Medair a participé à deux évaluations des cas de paludisme et apporté son aide à Safe Harbour à Nyinbuli dans la gestion des cas et en leur fournissant des LLITN et du matériel pour leur CSSP. Elle a en outre donné des LLITN et des médicaments pour soigner le paludisme à AAA, à Nyamlell.
En août survenait une épidémie de rougeole à Khaldak, dans le nord du Jonglei. Medair y mena une campagne de vaccination contre la rougeole auprès de 3 807 enfants âgés de six mois à 15 ans. Des promoteurs de l’hygiène et de la santé furent formés et du matériel distribué au CSSP. Un soutien fut également apporté en « case management » avec un traitement pour 41 patients atteints de rougeole.
Plusieurs évaluations de l'aspect nutritionnel ont été menées par des organisations partenaires. Un taux élevé d'enfants sévèrement mal nourris a été relevé dans le comté de Melut. L’ERU de Medair soutient un programme alimentaire supplémentaire dans cette région.
De plus, au cours de cette période, Medair a assisté le Ministère de la Santé, des organismes de l’ONU et la coordination d’ONG en secondant un membre de l’unité EP&R (Emergency Preparedness & Response) d'OCHA (Bureau de Coordination des Affaires Humanitaires). Cet « officier de santé opérationnel » affecté provisoirement a été chargé de collecter des données sur les épidémies auprès des acteurs de la santé afin d'identifier des lacunes dans la couverture, de conduire des évaluations et de coordonner les réponses.
Eau et assainissement
En association avec l’UNICEF, notre équipe WatSan a installé des EMWTS servant chacun quotidiennement jusqu’à 5 000 personnes à Kiir Adem et à Gok Machar. Fin 2006, l’équipe a implanté deux systèmes supplémentaires à Malakal en cinq jours seulement et dans des conditions particulièrement difficiles. Les habitants de la ville disposent ainsi chaque jour de 80 000 litres d’eau potable.
En août 2007, l’équipe WatSan a monté deux EMWTS à Renk, dans le Haut-Nil, après de graves inondations ayant fait deux morts et des milliers de sans-abris. A eux deux, les systèmes ont pu approvisionner l'ensemble du camp avec au moins cinq litres d'eau par personne et par jour.
Le contrôle de ces systèmes et des latrines a été transmis aux autres ONG présentes sur place. Lorsque Medair a quitté Renk, les directeurs du camp ont déclaré : « Nous vous remercions sincèrement d'avoir apporté des "médicaments pour l'eau" et d'avoir fait prendre conscience aux habitants de l'importance d'une bonne hygiène. »
La saison des pluies, qui s'étend habituellement de mai à novembre, a duré jusqu'en décembre l'année dernière, rendant tout forage impossible au cours du dernier trimestre. Par chance, l’équipe de forage a particulièrement bien avancé cette année et a pu terminer tous les puits de Payuer, y compris quatre puits dans les champs agricoles. Un autre projet de renforcement des capacités a été mené à Payuer, où les Comités villageois de gestion de l’eau ont été formés.
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