|
Qui Medair aide-t-elle ?
Medair continuera de diriger son Centre de Soins de Santé Primaire (CSSP) à OES et d’y fournir toute une gamme de soins de santé primaire. Le CSSP peut recevoir 2 500 patients externes par mois. Les services proposés sont des consultations externes, des examens prénataux et postnataux, un programme élargi de vaccination (PEV) et un contrôle de croissance pour les moins de cinq ans, des soins dentaires, des analyses en laboratoire et un traitement de réhydratation en hospitalisation de courte durée.
Les interventions en santé communautaire de Medair font partie intégrante de ce programme. Tous les trois mois au minimum, des agents de santé communautaire (ASC) qualifiés se rendent dans chaque foyer de la région cible de Medair à OES afin d’enseigner les règles d'hygiène et de santé et d'assurer que les malades consultent le plus tôt possible. En plus de ces visites, un programme d’éducation à la santé et à l’hygiène a été mis en place spécifiquement pour les femmes enceintes et allaitantes ainsi qu’un autre programme destiné aux enfants.
Dans l’Etat de Khartoum, Medair gère une clinique mobile de base qui fournit au moins trois fois par mois des soins de santé à une population n’ayant pas accès aux services de soins de santé de base (il s’agit en général des habitants de camps ou de squats).
Elle continue de travailler en coordination avec d’autres ONG et acteurs pertinents pour assurer une réponse appropriée et intégrée quelle que soit l'urgence. A cette fin, Medair maintient un système de surveillance efficace pouvant détecter suffisamment tôt tout début d’épidémie dans la zone cible d'OES. Cela permet d'assurer un accès rapide et en quantité suffisante au matériel d'urgence nécessaire. Des protocoles relatifs aux réponses en cas d'épidémie sont préservés et, si nécessaire, améliorés. Le personnel est continuellement formé à la réponse d’urgence.
Medair participe activement à la coordination des rapatriements à Khartoum. L'un des principaux aspects de cette activité consiste à prendre part à la campagne de l'UNICEF en diffusant aux rapatriés éventuels des messages concernant l'éducation à la santé ainsi que des informations sur les régions de retour, et notamment sur les services disponibles et l’état de la sécurité.
South Kordofan
Les Monts Noubas sont une région de l’Etat du Sud Kordofan qui, bien qu’à la limite, se situe en-dehors des frontières officielles du Sud Soudan. Cette situation géographique a fait des Monts Noubas un champ de bataille décisif au cours de la guerre civile du sud. En janvier 2002, un cessez-le-feu était signé sous contrôle international dans cette zone, peu avant l'APG qui couvre plus largement le conflit. Malgré la signature de l’APG, la population des Monts Noubas dans le Sud Kordofan demeure extrêmement vulnérable. La région souffre d’un grave sous-développement et ne dispose que d’un accès très limité à des services essentiels comme les soins de santé primaire ou l'eau potable. Au cours de la période de transition postérieure au conflit, le Sud Kordofan devra relever de nombreux défis : un grand nombre de rapatriés attendus, la fusion des deux systèmes administratifs existants, la présence de nombreuses mines terrestres n'ayant pas été éliminées ou encore d’éventuelles crises comme, par exemple, des épidémies ou une reprise du conflit.
Services médicaux : Une étude récente du Ministère Fédéral de la Santé indique que le Sud Kordofan fait partie des quatre Etats les plus défavorisés du nord du Soudan. Le paludisme pose particulièrement problème, surtout pendant la saison des pluies. Les services de vaccination systématique sont insuffisants, spécialement dans les anciennes zones rebelles. La santé reproductive est également inquiétante : le taux de mortalité maternelle est de 552 pour 10 000 naissances vivantes. Les données recueillies par Medair au Sud Kordofan au cours de son programme font état d'un taux élevé de maladies sexuellement transmissibles (surtout dans les Jebels de l'Ouest) et de connaissances limitées en matière de VIH/SIDA. Ces difficultés sont aggravées par des connaissances sanitaires de base insuffisantes dans les communautés et par le fait que le personnel de santé n'est pas toujours capable de diagnostiquer et de soigner les maladies.
Eau & assainissement : L’eau est fréquemment citée comme l’un des principaux besoins humanitaires dans cette région. 55% de la population vivant dans des zones administrées par le gouvernement a accès à l’eau potable mais le taux n’est plus que de 20% dans les anciennes zones rebelles. On estime que près de 25% des pompes manuelles de l’Etat ne fonctionnent pas (en raison parfois de pannes mécaniques, mais surtout à cause d’une nappe phréatique insuffisante ou de problèmes similaires) et les habitants déclarent devoir marcher jusqu’à 4 heures pour trouver de l’eau pendant la saison sèche. Bien qu’ils aient accès aux eaux de surface pendant la saison des pluies, celles-ci sont souvent sales et polluées. Les installations sanitaires sont encore plus rares que l’eau potable, ce qui augmente clairement les risques de diarrhée et les maladies qui en découlent. Par exemple, 18% seulement des foyers inspectés à Allirri Hills disposent d’une latrine et certains villages n’en ont pas du tout.
Préparation aux réponses d’urgence : Le Sud Kordofan reste vulnérable aux crises humanitaires localisées comme les épidémies, les vastes mouvements de rapatriement (ou autres déplacements de population) et les conflits. La capacité locale à répondre à ces crises est très limitée. La préparation aux situations d’urgences et le soutien apporté par des acteurs externes sont donc indispensables pour atténuer les impacts de tels
Quels sont les problèmes fondamentaux auxquels Medair souhaite s’attaquer ?
Les Monts Noubas sont une région de l’Etat du Sud Kordofan qui, bien qu’à la limite, se situe en-dehors des frontières officielles du Sud Soudan. Cette situation géographique a fait des Monts Noubas un champ de bataille décisif au cours de la guerre civile du sud. En janvier 2002, un cessez-le-feu était signé sous contrôle international dans cette zone, peu avant l'APG qui couvre plus largement le conflit. Malgré la signature de l’APG, la population des Monts Noubas dans le Sud Kordofan demeure extrêmement vulnérable. La région souffre d’un grave sous-développement et ne dispose que d’un accès très limité à des services essentiels comme les soins de santé primaire ou l'eau potable. Au cours de la période de transition postérieure au conflit, le Sud Kordofan devra relever de nombreux défis : un grand nombre de rapatriés attendus, la présence de nombreuses mines terrestres n'ayant pas été éliminées ou encore d’éventuelles crises comme par exemple des épidémies ou une reprise du conflit.
Services médicaux : Une étude récente du Ministère Fédéral de la Santé indique que le Sud Kordofan fait partie des quatre Etats les plus défavorisés du nord du Soudan. Le paludisme pose particulièrement problème, surtout pendant la saison des pluies. Les services de vaccination systématique sont insuffisants, spécialement dans les anciennes zones rebelles. La santé reproductive est également inquiétante : le taux de mortalité maternelle est de 552 pour 100 000 naissances vivantes. Les données recueillies par Medair au Sud Kordofan au cours de son programme font état d'un taux élevé de maladies sexuellement transmissibles (surtout dans les Jebels de l'Ouest) et de connaissances limitées en matière de VIH/SIDA.
Ces difficultés sont aggravées par des connaissances sanitaires de base insuffisantes dans les communautés et par le fait que le personnel de santé n'est pas toujours capable de diagnostiquer et de soigner les maladies.
Eau & assainissement : L’eau est fréquemment citée comme l’un des principaux besoins humanitaires dans cette région. 55% de la population vivant dans des zones administrées par le gouvernement a accès à l’eau potable mais le taux n’est plus que de 20% dans les anciennes zones rebelles. On estime que près de 25% des pompes manuelles de l’Etat ne fonctionnent pas (en raison parfois de pannes mécaniques, mais surtout à cause d’une nappe phréatique insuffisante ou de problèmes similaires) et les habitants déclarent devoir marcher jusqu’à 4 heures pour trouver de l’eau pendant la saison sèche. Bien qu’ils aient accès aux eaux de surface pendant la saison des pluies, celles-ci sont souvent sales et polluées. Les installations sanitaires sont encore plus rares que l’eau potable, ce qui augmente clairement les risques de diarrhée et les maladies qui en découlent.
Préparation aux réponses d’urgence : Le Sud Kordofan reste vulnérable aux crises humanitaires localisées comme les épidémies, les vastes mouvements de rapatriement (ou autres déplacements de population) et les conflits. La capacité locale à répondre à ces crises est très limitée. La préparation aux situations d’urgences et le soutien apporté par des acteurs externes sont donc indispensables pour atténuer les impacts de tels évènements.
Comment Medair aborde-t-elle ce problème ?
Services médicaux
Services de soins de santé primaire : Medair assiste en tout 21 établissements de SSP (5 CSSP et 16 USSP) en y assurant des formations, une surveillance, l’approvisionnement en médicaments de base ainsi que la gestion d’un système d'information de santé.
Contrôle du paludisme : Medair soutient l’application de la stratégie de recul du paludisme grâce à la distribution ciblée de moustiquaires imprégnées d'insecticide et à la mise en oeuvre du protocole de traitement du paludisme du Ministère de la Santé. Elle s’assure en outre que les diagnostics de cas suspectés de paludisme sont corrects.
Services PEV : Medair favorise l’accès aux vaccinations systématiques (PEV) dans les Jebels de l’Ouest en aidant les services de PEV fixes de la région et par le biais d’actions d’information mobiles.
Santé reproductive : Medair se concentre de façon accrue sur les soins de santé reproductive en formant du personnel, en s’efforçant d’éduquer et de sensibiliser la population, en délivrant des médicaments spécifiques ainsi que des « kits d’accouchement hygiénique » aux femmes enceintes et en proposant une "salle d'accouchement hygiénique" dans un établissement de santé qu’elle soutient.
Promotion de la santé et de l’hygiène : Medair soutient des approches de santé préventive en participant aux activités de promotion de la santé et de l’hygiène proposées par les services des cliniques mais aussi par des villageois bénévoles, des troupes de théâtre, des comités villageois pour la santé et par les aînés du village. Des messages d’éducation à la santé viseront à modifier les comportements, notamment dans les domaines du VIH/SIDA, de la nutrition (habitudes d’alimentation des enfants de moins de deux ans) et du planning familial.
Formation et renforcement des capacités : Medair cherche à améliorer la pratique et la gestion des services de santé par le biais d’une formation appropriée et ciblée. Ceci inclut un contrôle du travail, un cours de recyclage sur les techniques de base et sur l'application des protocoles du Ministère de la Santé destiné aux agents de santé, des cours de gestion pour CVS, ou encore des classes externes spécifiques pour certains employés.
Réponse d’urgence : Medair maintient une capacité de réponse d’urgence qui lui permet de pouvoir apporter une première réponse aux possibles épidémies ou urgences sanitaires de ce type. Les protocoles concernant les épidémies les plus probables ont été conservés, les fournitures de base sont en stock et le personnel a été formé pour pouvoir les utiliser.
Eau & assainissement :
Les activités suivantes sont principalement destinées à huit villages cibles :
Accès à l’eau potable : Medair va s’efforcer d'améliorer directement l’accès à l’eau potable en construisant dix nouveaux puits de forage. Elle encouragera en outre l’entretien par la communauté des puits de forage hors d’état de fonctionner en fournissant des pièces détachées de pompes manuelles et en créant un centre de distribution de pièces détachées à Allirri Hills.
Récupération de l’eau de pluie : Medair souhaite faciliter l'accès à l'eau potable de quatre structures sanitaires qu'elle soutient en construisant des systèmes de récupération de l'eau, comme par exemple des gouttières et des réservoirs de stockage.
Gestion du bassin hydrographique : Afin de permettre à la nappe phréatique de se réalimenter, Medair aidera la communauté à bâtir deux terrasses et à trouver des sites potentiels pour la construction de petits barrages. Ces structures devraient améliorer l’irrigation en surface pour l’agriculture et démontrer l'intérêt de techniques qui étaient autrefois très répandues mais que l'on a depuis oubliées.
Filtration domestique : Dans les zones où le problème de l’eau ne peut être résolu de manière traditionnelle, la communauté peut être contrainte de se tourner vers des sources d’eau non potable. L’objectif de Medair est de mettre à disposition de ces foyers des filtres Biosand, qui ont déjà prouvé leur efficacité pour traiter l’eau extrêmement trouble que l’on trouve au Sud Kordofan.
Promotion de l’hygiène : Medair identifiera les pratiques à risque en termes d’hygiène publique puis encouragera un comportement alternatif plus approprié à l’aide des méthodes de promotion de la santé et de l’hygiène expliquées ci-dessus. Cette incitation est particulièrement importante pour assurer l'utilisation des latrines et pour augmenter la consommation réelle d’eau une fois qu’il y en aura suffisamment.
Construction de latrines : Medair aidera les communautés à construire 400 latrines domestiques en produisant des plaques de latrine et en assurant contrôle et conseils.
Urgences : Medair a fourni un système de traitement de l’eau d’urgence qui peut être utilisé pour traiter l’eau de surface ou la nappe phréatique afin de permettre l’accès à l’eau potable d’au moins 2 500 personnes en cas d’urgence.
Qui Medair aide-t-elle ?
Medair cible surtout la population rurale dont la pauvreté est ancrée de longue date (ce qui s'applique à la plupart des habitants du Sud Kordofan) et aux rapatriés. Si la majorité d’entre eux sont des fermiers de subsistance, les emplois rémunérés dans les grandes fermes mécanisées constituent également une source de revenus non négligeable. Sur les trois sites où travaille Medair, la situation peut être décrite ainsi :
Nord-Est de Kadugli : Cette zone est peuplée de ruraux pauvres qui bénéficient toutefois de la proximité relative de Kadugli et des opportunités qu'elle offre en matière d'emploi et d'accès aux biens et services. Le nombre de rapatriés regagnant la région où travaille Medair ne cesse d’augmenter. Bien qu’il s’agisse d’un territoire anciennement sous contrôle gouvernemental, la région compte des camps de nomades et des villages actuellement contrôlés par le MLPS. La zone cible de Medair compte 30 000 personnes desservies par sept structures de santé.
Allirri Hills : Il s'agit également de ruraux pauvres qui pâtissent cependant de l'éloignement de Kadugli et sont donc plus isolés. Le pourcentage de nomades est élevé dans certaines zones. Néanmoins, cette région ayant été administrée par le gouvernement pendant le conflit, la population a quand même accès à un minimum de biens et de services. La zone cible de Medair compte 50 000 personnes desservies par six structures de santé.
Jebels de l’Ouest : Cette région est habitée par des ruraux pauvres, mais leur isolement pendant le conflit les a rendus plus pauvres encore et moins bien informés que leurs voisins des zones administrées par le gouvernement. Malgré les améliorations apportées par l’aide internationale, l’accès aux biens et services reste limité et les habitants sont le plus souvent de véritables fermiers de subsistance. La zone cible de Medair compte 70 000 personnes desservies par huit structures de santé.
Darfour occidental
Quels sont les problèmes fondamentaux auxquels Medair souhaite s’attaquer ?
Avant le conflit actuel, la population du Darfour occidental s’élevait à près de 1,7 millions de personnes, dont environ 10% seulement dans les zones urbaines. La production agricole de la région est variable et dépend étroitement des facteurs climatiques. La région souffre de sécheresses récurrentes. Avant le conflit, elle était déjà sujette à des tensions intertribales fréquentes entre les groupes arabes nomades et les fermiers installés sur place.
La situation actuelle
Le conflit ouvert en cours au Darfour a commencé en 2003. Les destructions de villages et de sources de revenus liées à ce conflit ont entraîné un déplacement massif, aggravant de façon significative les problèmes existants dus à un manque de développement et à un accès très limité aux services de base. On estime à ce jour que plus de deux millions de personnes ont été déplacées et que plus de 4 millions d’habitants ont besoin d’aide.
Sur le site de projet de Medair à El Geneina, au Darfour occidental, on distingue au moins quatre niveaux de conflit différents :
- un large conflit régional entre le gouvernement, les milices et les rebelles au sujet de la marginalisation politique et du sous-développement,
- des litiges locaux, souvent entre tribus, concernant des problèmes comme l’accès à l’eau ou les droits de pâture,
- des conflits transfrontaliers, la déstabilisation politique tchadienne étant à l’origine d’opérations de groupes rebelles de part et d’autre des frontières, d’attaques transfrontalières et de fuites de réfugiés au Soudan,
- une anarchie générale et un banditisme répandu.
L’ensemble de ces dynamiques a eu pour effet une détérioration progressive de la sécurité au cours de l’année passée et se caractérise par un banditisme et une criminalité accrus, des attaques visant les travailleurs humanitaires, la fragmentation des groupes rebelles avec une dégradation du commandement et du contrôle, le harcèlement continu et l’agression de certains groupes ethniques et de PDI, des attaques continuelles envers les villages et camps pour PDI et enfin des incursions transfrontalières entre le Soudan, le Tchad et dernièrement la République Centre Africaine (RCA).
L’APD (Accord de Paix du Darfour), signé en mai 2006, n’a pas eu les effets escomptés et n’a pas apporté de solution politique pouvant mener à la paix et à la stabilité au Darfour. Il est d’ailleurs resté largement impopulaire. Depuis, la présence de soldats de la paix de l’Union Africaine (UA) au Darfour occidental n’a pas non plus réussi à améliorer sensiblement la sécurité de la plupart des civils. Il est communément admis que l’UA ne dispose pas de ressources suffisantes pour mener à bien sa tâche.
En août 2007, la décision fut prise de déployer une mission pour ainsi dire « hybride » (opération menée conjointement par l’UA et l’ONU). Bien que tout le monde s’entende sur la nécessité d’un meilleur maintien de la paix au Darfour, le fait qu’un déploiement serait très long et qu’une mission de maintien de la paix ne pourrait réussir que sur la base d’un accord de paix viable rendent peu probables des améliorations significatives dans les opérations de maintien de la paix au Darfour à échéance prévisible.
Besoins spécifiques
Services médicaux : Bien que les taux de crises de paludisme et de diarrhée sanglante aient été légèrement moins élevés au Darfour en 2006 qu’en 2005, la situation sanitaire demeure extrêmement fragile, comme le prouvent les épidémies récentes de méningite et de rougeole qui se sont développées au Darfour occidental.
Le système de consultation des soins de santé secondaire subit une pression importante car l’insécurité a limité l’utilisation d’ambulances et rendu très risqué l’usage des camionnettes commerciales. Il est par conséquent indispensable de maintenir un niveau élevé de soins de santé primaire dans toutes les régions rurales de l’Etat.
La santé reproductive est particulièrement inquiétante. Avant le conflit actuel, elle faisait déjà partie des besoins prioritaires et les signalements de violences sexuelles basées sur le genre (VSBG) continuent d’affluer. Une étude récente indique que plus de 50% des PDI ne connaissent rien du VIH/SIDA.
Eau : La situation de l’eau au Darfour occidental a toujours été précaire, mais les problèmes se sont aggravés au cours du conflit et ont atteint récemment leur apogée en raison du manque d’aide humanitaire dû à l’insécurité. La nappe phréatique a diminué durant la saison sèche et l’on craint que la surexploitation des puits de forage ait affecté définitivement certains aquifères profonds. Il est urgent de trouver des solutions qui permettront un accès suffisant à l’eau potable, particulièrement pour les grandes concentrations de population, sans affecter la viabilité des sources d’eau sur le long terme. Les problèmes d’approvisionnement par la nappe phréatique conduisent de nombreux habitants à se servir des sources d’eau de surface sales, ce qui est à l’origine du nombre élevé de maladies hydriques. Les sources d’eau ouvertes comme les puits creusés à la main ont besoin d’être rénovées et certains systèmes d’eau et pompes manuelles ont aujourd’hui besoin de réparation ou de réhabilitation.
Assainissement : Il ne s’agit certes pas d’une caractéristique traditionnelle pour de nombreux villages ruraux du Darfour, mais l’accès aux latrines et leur utilisation adéquate est indispensable pour la santé des habitants des camps ou des colonies plus importantes. Par conséquent, il est nécessaire à la fois de construire suffisamment de latrines et de favoriser leur utilisation correcte. La promotion de l’hygiène est essentielle dans les interventions relatives à l’eau et à la santé car elle joue un rôle dans la prévention des maladies.
Comment Medair aborde-t-elle ce problème ?
Services médicaux
Soutien aux soins de santé primaire : Medair apporte son aide à au moins 20 structures de soins de santé primaire qui bénéficient ainsi de son contrôle, de la formation du personnel, d’un approvisionnement fiable en médicaments et d’un cadre pour le Système d’Information Sanitaire. Elle entretient en outre la capacité de mettre en oeuvre une réponse aux urgences sanitaires comme les épidémies et d’ouvrir jusqu’à six cliniques d’urgence en cas de déplacements ou de retours de déplacés. Afin d’augmenter la viabilité des services, Medair travaille en étroite collaboration avec le Ministère de la Santé et cherchera à former et à assister les Comités villageois pour la santé (CVS) pour qu’ils participent à la gestion des structures sanitaires.
Santé reproductive : Medair a instauré et maintient l’accès au dispositif minimum d’urgence (DMU) dans toutes les structures sanitaires où elle est active. Cela inclut la formation et la surveillance du personnel de santé et des sages-femmes, avec notamment une sensibilisation au VIH/SIDA, l’approvisionnement en kits d’accouchement hygiénique pour les femmes enceintes, en moyens de contraception et en traitements post-viol ainsi que la construction de deux salles d’accouchement hygiénique supplémentaires.
Promotion de la santé publique : Medair continuera de faire circuler des messages de promotion de la santé aux patients des cliniques et aux communautés au niveau domestique et de soutenir les activités des secteurs de la santé mais aussi de l’eau et de l’assainissement. Ces messages seront véhiculés par quelque 1 100 promoteurs (bénévoles communautaires) qui recevront un soutien régulier et des visites de suivi. Des cours de rafraîchissement seront proposés à environ 2/3 des 900 bénévoles et 30 coordinateurs actuels et une formation initiale sera offerte à 190 promoteurs supplémentaires.
Eau & assainissement
Approvisionnement en eau : Medair entretient des systèmes d’eau approvisionnant 130 000 personnes affectées par la guerre. Bien qu’elle élimine progressivement les systèmes d’urgence comme les poches à eau et les réservoirs en plastique, les systèmes toujours en place nécessitent un entretien continuel. Pour être certaine que les pompes manuelles seront correctement entretenues par la suite, Medair formera une vingtaine de mécaniciens sur pompes supplémentaires. Elle maintiendra la capacité de déployer jusqu’à six systèmes d’eau d’urgence en cas de crise. Ces systèmes, composés de deux citernes reliant un point d’eau creusé par « jetting » avec 30 robinets, permettront d’approvisionner au maximum 25 000 personnes affectées par le conflit. Medair restaurera des puits creusés à la main existants et en construira de nouveaux équipés de pompes manuelles.
Assainissement : Medair a pour objectif d’améliorer l’accès aux structures sanitaires parmi les communautés de déplacés et de rapatriés rentrés récemment en construisant 2 100 latrines domestiques. Elle maintient par ailleurs la capacité de construire jusqu’à 900 latrines d’urgence en cas de crise soudaine.
Promotion de l’hygiène : Consciente qu'une promotion de l'hygiène efficace joue un rôle crucial dans l'acquisition de bonnes habitudes, Medair combine les activités de promotion des secteurs de la santé avec celles du domaine de l'eau et l'assainissement. Elle soutient également le nettoyage régulier de la ville d’El Geneina mis en œuvre par des organisations communautaires comme des groupes de jeunes et des associations féminines.
Qui Medair aide-t-elle ?
Medair apporte son aide à plus de 210 000 personnes affectées par le conflit : PDI, réfugiés, habitants non déplacés et rapatriés concrets ou potentiels. Ce travail concerne 20 sites répartis dans quatre localités de l’Etat du Darfour occidental (El Geneina, Kulbus, Habila et Zalingei). Ces localités comptent quatre camps pour PDI, un camp pour réfugiés, des villages à forte concentration de PDI et des villages dont les habitants n’ont pas été déplacés mais qui ont néanmoins été affectés par le conflit.
La situation humanitaire des camps de PDI proches de la ville d’El Geneina étant désormais relativement stable, Medair souhaite concentrer ses actions sur les zones rurales dont les populations, déjà vulnérables, auront besoin d’une aide supplémentaire pour affronter des crises comme les épidémies, de nouveaux déplacements ou des rapatriements éventuels. Bien que la plupart des déplacés viennent de tribus „africaines" (Zaghawa, Massaleit, etc.), de nombreuses communautés nomades ont aussi besoin d’aide et Medair fera en sorte de ne pas les oublier.
Rappel des évènements
Le sud du Soudan a été dévasté par les effets cumulés de la guerre civile la plus longue d’Afrique, de la famine récurrente, des sanctions économiques, du manque d’investissements et de développement et d’une autorité gouvernementale faible. Près de deux millions de personnes ont trouvé la mort, quatre millions d’habitants ont été déplacés de l’intérieur (PDI) et huit millions d’habitants du Sud n’ont plus eu accès aux services de base comme les soins de santé et l’éducation.
D’autres régions du pays, plus éloignées de la capitale, ont également souffert d’une grave négligence, d’un manque d’investissement et d’une autorité gouvernementale faible. Dans la région de l’Ouest du Darfour, le mécontentement a conduit à un début de rébellion fin 2002. Les tentatives de solutions politique et militaire ayant échoué, le conflit a rapidement dégénéré, causant des centaines de milliers de morts et chassant des millions de personnes de chez eux.
Malgré la fin de la guerre civile du sud du pays en 2005 avec la signature de l’Accord de Paix Globale (APG), l’insécurité et le conflit se sont poursuivis dans l’ouest. L’Accord de Paix du Darfour (APD), signé le 5 mai 2006, n’intègre pas tous les protagonistes du conflit et n’a pas réellement amélioré la situation.
Présence de Medair au Soudan
Medair a commencé à travailler au Sud-Soudan en 1992 et y est présente de façon continue depuis 1995, en tant que membre de l’opération « Lifeline Sudan » (OLS). Medair s'est efforcée de développer ses interventions au Sud-Soudan en ciblant des zones où il n'y avait pas d'autres ONG et en se concentrant sur une réponse d’urgence efficace. Pour pouvoir répondre également aux besoins des Etats du Nord du Soudan, Medair s’est immatriculée comme ONG auprès du gouvernement soudanais en février 2000. Au mois de juin de la même année, elle entamait ses opérations dans un centre de SSP dans le camp pour PDI d'Omdurman El-Salaam, aux portes de Khartoum.
Medair travaille au Darfour occidental depuis 2001. Elle y gère actuellement un vaste programme d'aide en réponse à la crise que traverse la région. L’expérience acquise par Medair au Darfour avant le conflit (elle y soutenait un large projet de soins de santé primaire dans un contexte de sous-développement chronique) est particulièrement utile par rapport à la situation émergente dans le Sud Kordofan, où le conflit direct a cessé mais le développement ne suit pratiquement pas.
Depuis 2003, Medair est opérationnelle dans la région des Monts Noubas, dans le Sud Kordofan. Elle y mène un projet qui couvre à la fois les zones administrées par le Gouvernement du Soudan et d’anciennes zones sous contrôle rebelle. Grâce à sa présence et à son expérience dans la région, Medair était bien placée pour répondre efficacement à l’épidémie de fièvre jaune en octobre et novembre 2005.
|