Qui Medair assiste-t-elle ?
Début 2006, Medair a ouvert une nouvelle base dans la région de Maroantsetra, au nord-est de Madagascar. Cette zone est particulièrement vulnérable aux cyclones et aux inondations et la situation y est très précaire. Malgré ses quelque 200 000 habitants, le district ne compte que 575 puits ou points d’eau. Une majeure partie de la population utilise l'eau contaminée des rivières. Mais les familles qui se servent des puits de surface ne sont pas non plus à l’abri car la plupart sont contaminés par les matières fécales en raison d’une mauvaise utilisation et d’une construction inadéquate. Seuls les 204 puits scellés construits par Medair lors de sa réponse post-cyclonique de 2004-2005 assurent l’accès à une eau salubre.
Qu’a accompli l’équipe de Medair depuis le début de l’année ?
En février, Medair a formé une nouvelle équipe à Maroantsetra et créé quatre services distincts : renforcement des capacités, promotion de l’hygiène, construction de points d'eau et de structures sanitaires et administration. L’équipe de Maroantsetra compte aujourd’hui 3 expatriés et 14 employés locaux.
L’équipe eau et assainissement est chargée de présenter des techniques de forage simples et peu coûteuses aux villages isolés de la région. Par exemple, grâce à la méthode « rota-sludge », un point d’eau peut être fabriqué en un ou deux jours sans avoir besoin d’appareils particuliers. L’utilisation de pompes manuelles Canzee permet d'empêcher la contamination du point d’eau et la maintenance peut être assurée par les villageois eux-mêmes.
Mais les technologies adaptées ne suffisent pas. L’équipe de renforcement des capacités veille à ce que Medair travaille avec les communautés, et pas seulement pour les communautés, afin que les améliorations soient durables. L’équipe de promotion de l’hygiène enseigne à la population les risques liés à la contamination des puits, des points d’eau et des latrines, pour s’assurer que les nouvelles infrastructures seront bénéfiques sur le long terme.
Quelles sont les dernières nouvelles des projets ?
Nous avons animé trois ateliers, un au niveau du district et deux auprès des communautés. Les deux communautés avec lesquelles Medair travaillera ont été choisies par les bénéficiaires. Des discussions sont en cours entre les autorités locales, Medair et les communautés pour déterminer la répartition des responsabilités pour les différentes activités du projet. Plusieurs études ont été menées sur les habitudes d'hygiène actuelles, même dans les villages les plus éloignés. Des points d’eau de démonstration ont été installés pour la formation dispensée par l’équipe eau et assainissement.
Qui répond aux besoins ?
Alors que certaines agences protègent activement l’environnement et la biodiversité de la région, personne n’agit pour aider les habitants à avoir accès à l’eau propre et aux installations sanitaires. C’est pour cela que Medair a choisi cette zone où les besoins sont importants et les risques de destruction très présents.
Quels sont les futurs projets de Medair à Madagascar ?
Les activités de Medair en 2006 ne sont que la phase pilote d’un projet plus important mené en collaboration avec d’autres ONG. L’objectif est de poursuivre cette expérience pour aider un nombre croissant de personnes. Dans les prochains mois, une formation sur la réponse aux cyclones sera dispensée aux villageois et aux autorités locales. De nouveaux outils seront testés, notamment des techniques de promotion de l’hygiène lors des réponses d’urgence et d'accès à l’eau salubre dans les périodes post-cycloniques. Plus de 100 points d’eau et latrines résistants aux cyclones seront construits, le matériel d’urgence sera perfectionné et la population ainsi que les autorités locales seront formées avant l’arrivée de la prochaine saison des cyclones.
Quel problème essentiel Medair souhaite-t-elle aborder ?
Les principales difficultés concernent le manque d’accès à l’eau salubre et aux infrastructures sanitaires ainsi que les lacunes en matière d’hygiène. Ceux-ci sont véritablement désastreux pour un pays pauvre comme Madagascar : des millions de jours de travail et d’école sont perdus chaque année à cause des maladies hydriques ; selon une étude récente, la diarrhée est la 2e cause de mortalité infantile dans le pays, derrière le paludisme et avant les infections respiratoires aigües ; enfin, les épidémies de choléra menacent après chaque cyclone.
Comment Medair envisage-t-elle de résoudre ce problème ?
Medair a conçu une approche intégrée au problème de l’eau et de l’assainissement. Tout d’abord, nous avons développé des mesures préventives afin de réagir rapidement à n'importe quelle crise. Ces mesures comprennent un stock complet de matériaux d'urgence, du personnel qualifié et des partenariats clés, notamment avec MAF et Helimission. Ensuite, un objectif phare de l’intervention de Medair est de réduire la vulnérabilité des habitants en leur facilitant l'accès à l'eau salubre, aux latrines, à la promotion de l’hygiène et en fournissant un travail de préparation dans les zones à risque. Enfin, Medair soutient des partenariats public/privé ainsi que le développement de technologies adaptées dans le secteur de l'eau et de l'assainissement. Des outils peu coûteux et efficaces sont ainsi mis à disposition du gouvernement local et d'établissements privés pour leur permettre d'améliorer ce secteur sans avoir recours aux ONG internationales.
Description du programme
Le programme de Madagascar comporte quatre objectifs :
- Le développement et l’amélioration de la réponse d’urgence aux cyclones ainsi que le rétablissement de l’accès à l’eau salubre après une catastrophe naturelle, immédiatement et sur l’ensemble de l’île ;
- La diminution de la vulnérabilité des habitants grâce à l’accès à l’eau potable et aux structures sanitaires dans la zone à risque cyclonique de Maroantsetra ;
- Le soutien d’un réseau de partenariats public/privé qui favorise l’accès à l’eau propre en formant les gouvernements et établissements locaux à l'utilisation de technologies adaptées, économiques et efficaces ;
- Le partage de l’expérience et des formations de Medair avec les ONG nationales présentes sur place.
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