Medair, Aide humanitaire d'urgence et de réhabilitation Medair, Aide humanitaire d'urgence et de réhabilitation
Medair, Aide humanitaire d'urgence et de réhabilitation
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Importance de l'approvisionnement en eau, de l'assainissement et de la promotion de l'hygiène dans les situations d'urgence

L'eau et l'assainissement sont des facteurs déterminants cruciaux pour la survie durant les phases initiales d'une catastrophe. Les personnes sinistrées sont en général beaucoup plus prédisposées aux maladies et à la mort des suites de maladies, lesquelles sont largement liées à des réserves d'eau et à un assainissement inadéquats, ainsi qu'à une hygiène médiocre. Les plus significatives de ces maladies sont les maladies diarrhéiques et les maladies infectieuses transmises par voie oro-fécale. Parmi les autres maladies liées à l'eau et à l'assainissement figurent celles transmises par des vecteurs associés aux déchets solides et à l'eau.

  Elimination excréments
 
Le principal objectif des programmes d'approvisionnement en eau et d'assainissement lors de catastrophes est de réduire la transmission des maladies oro-fécales et le contact avec des vecteurs de maladies par la promotion de bonnes pratiques d'hygiène, l'approvisionnement en eau potable salubre et la réduction des risques environnementaux pour la santé, et par l'établissement des conditions qui permettront aux personnes de vivre en bonne santé, dans la dignité, le confort et la sécurité. Le terme "assainissement", dans le contexte de Sphère, se réfère à l'élimination des excréments, à la lutte antivectorielle, à l'élimination des déchets solides et au drainage.

Le simple fait de fournir un nombre adéquat d'installations pour l'approvisionnement en eau et l'assainissement ne suffira pas, à lui seul, à en assurer l'utilisation optimale ou le meilleur impact possible sur la santé publique. Afin d'obtenir les avantages maximum de l'intervention, il faut impérativement faire en sorte que les personnes affectées par la catastrophe disposent des informations, des connaissances et de la compréhension nécessaires pour prévenir les maladies liées à l'eau et à l'assainissement, et mobiliser leur participation à la conception et à l'entretien de ces installations.

Dans la plupart des situations de catastrophe, ce sont les femmes et les enfants qui sont chargés d'aller chercher l'eau. Lorsqu'elles utilisent des installations communes d'approvisionnement en eau et d'assainissement, par exemple dans les situations de populations réfugiées ou déplacées, les femmes et les adolescentes peuvent courir le risque de violences ou d'exploitation sexuelles. Afin de réduire ces risques au minimum, et de garantir une intervention de meilleure qualité, il est important d'encourager, dans la mesure du possible, la participation des femmes aux programmes d'approvisionnement en eau et d'assainissement. Une participation équitable des femmes et des hommes à la planification, à la prise de décisions et à la gestion locale contribuera à faire en sorte que la population affectée dans son ensemble jouisse d'un accès sûr et facile aux services d'approvisionnement en eau et d'assainissement, et que ces services soient équitables et appropriés.

Les groupes qui courent le plus fréquemment des risques lors de catastrophes sont les femmes, les enfants, les personnes âgées, les personnes handicapées et les personnes vivant avec le VIH/sida (PVVS). Dans certains contextes, les personnes peuvent aussi se retrouver en position de vulnérabilité en raison de leur origine ethnique, de leur affiliation religieuse ou politique, ou de leur déplacement. Il ne s'agit pas là d'une liste exhaustive, mais elle englobe les raisons les plus fréquemment identifiées.


Les normes minimales


Promotion de l'hygiène

Le but de tout programme d'approvisionnement en eau et d'assainissement est de promouvoir une bonne hygiène personnelle et environnementale afin de protéger la santé. La promotion de l'hygiène est définie ici comme le mélange des connaissances, des pratiques et des ressources de la population d'une part, et des connaissances et des ressources de l'organisation de l'autre, qui à elles toutes permettent d'éviter des comportements risqués dans le domaine de l'hygiène. Les trois facteurs clés sont 1) l'échange des informations et des connaissances, 2) la mobilisation des communautés et 3) la fourniture de matériel et d'installations essentiels. L'efficacité de toute activité de promotion de l'hygiène repose sur l'échange d'informations entre l'organisation et la communauté affectée. Un tel échange permettra en effet d'identifier les problèmes clés en matière d'hygiène et de concevoir, de mettre en œuvre et de suivre un programme de promotion des règles d'hygiène garantissant l'utilisation optimale des installations et l'impact maximum sur la santé publique. La mobilisation de la communauté est tout particulièrement importante durant les catastrophes car il faut chercher à encourager les personnes à prendre des mesures pour protéger leur santé et utiliser au mieux les installations et les services fournis, plutôt qu'insister sur la diffusion de messages. Il faut souligner que la promotion de l'hygiène ne devra jamais remplacer un assainissement et un approvisionnement en eau de qualité, lesquels sont fondamentaux pour une bonne hygiène.


Norme 1 relative à la promotion des règles d'hygiène :
conception et mise en œuvre des programmes

Toutes les installations et les ressources fournies reflètent les vulnérabilités, les besoins et les préférences de la population affectée. Les usagers prennent part à la gestion et à l'entretien des installations d'hygiène lorsque c'est approprié.


Indicateurs clés
  • Les risques clés en matière d'hygiène revêtant une importance pour la santé publique sont identifiés.
  • Les programmes comportent un mécanisme efficace permettant la contribution représentative et participative de tous les usagers, y compris lors de la conception initiale des installations.
  • Tous les groupes de la population jouissent d'un accès équitable aux ressources ou aux installations nécessaires pour continuer d'appliquer ou pour parvenir à appliquer les pratiques qui sont encouragées en matière d'hygiène .
  • Les messages et activités de promotion des règles d'hygiène abordent les comportements et les opinions fausses clés et ciblent tous les groupes d'usagers. Les représentants de ces groupes prennent part à la planification, à la formation, à la mise en œuvre, au suivi et à l'évaluation.
  • Les usagers assument la responsabilité de la gestion et de l'entretien des installations selon ce qui sera approprié, et les différents groupes y contribuent de manière équitable.

Medair, L'approvisionnement en eau

L'eau est essentielle à la vie, à la santé et à la dignité humaine. Dans certaines situations extrêmes, il peut ne pas y avoir suffisamment d'eau disponible pour pourvoir aux besoins fondamentaux ; c'est alors qu'il est d'une importance cruciale de fournir une quantité d'eau suffisante pour assurer la survie. Dans la plupart des cas, les principaux problèmes de santé sont causés par une hygiène médiocre due à l'insuffisance d'eau et à la consommation d'eau contaminée.


Norme 1 relative à l'approvisionnement en eau: accès et quantité d'eau
Toutes les personnes ont accès, de manière sûre et équitable, à une quantité d'eau suffisante pour couvrir les besoins de la consommation, de la cuisson des aliments et de l'hygiène personnelle et domestique. Les points d'eau publics sont suffisamment proches des foyers pour leur permettre d'utiliser le minimum requis d'eau.

Indicateurs clés

  • L'utilisation moyenne d'eau pour la consommation, la cuisson des aliments et l'hygiène personnelle dans chaque foyer est d'au moins 15 litres par personne et par jour .
  • La distance maximale séparant tout foyer du point d'eau le plus proche est de 500 mètres.
  • Le temps passé à faire la queue au point d'eau ne dépasse pas 15 minutes .
  • Il ne faut pas plus de trois minutes pour remplir un récipient de 20 litres.
  • Les points d'eau et les systèmes d'approvisionnement en eau sont entretenus de manière à ce que des quantités appropriées d'eau soient disponibles constamment ou à intervalles réguliers.

Tableau simplifié des besoins fondamentaux d'eau pour assurer la survie
Besoins pour assurer la survie: consomation d'eau (boisson et cuisine) 2.5-3 litres par jour Varient selon: le climat et la physiologie individuelle
Pratiques d'hygiène de base 2-6 litres par jour Varient selon: les normes sociales et culturelles
Besoins fondamentaux pour la cuisine 3-6 litres par jour Varient selon: le type d'aliments et les norment sociales et culturelles
Total des besoins fondamentaux en eau 7.5-15 litres par jour  

Nombre maximum de personnes par source d'eau
250 personnes par robinet sur la base d'un débit de 7.5 litres/minute
500 personnes par pompe manuelle sur la base d'un débit de 16.6 l/m
400 personnes par puits ouvert à utilisateur unique sur la base d'un débit de 12.5 l/m.


Norme 2 relative à l'approvisionnement en eau : qualité de l'eau
L'eau est agréable au goût, et sa qualité est suffisante pour qu'elle puisse être bue et utilisée pour l'hygiène personnelle et domestique sans que cela ne comporte de risques significatifs pour la santé.


Indicateurs clés

  • Il n'y a aucun coliforme fécal par 100 ml au point d'arrivée
  • Les personnes préfèrent boire de l'eau collectée à une source protégée ou traitée que celle d'autres sources d'eau plus faciles d'accès

Norme 3 relative à l'approvisionnement en eau : installations et matériel pour l'utilisation de l'eau
Les personnes disposent d'installations et de matériel suffisants pour pouvoir collecter, emmagasiner et utiliser des quantités suffisantes d'eau pour la boisson, la cuisson des aliments et l'hygiène personnelle, et pour veiller à ce que l'eau destinée à être bue reste salubre jusqu'à sa consommation.


Indicateurs clés
  • Chaque ménage dispose d'au moins deux récipients propres pour collecter l'eau, de 10 à 20 litres chacun, ainsi que de suffisamment de récipients destinés à l'emmagasinage de l'eau afin qu'il y ait toujours de l'eau au sein du foyer
  • Les récipients de collecte et d'emmagasinage de l'eau sont dotés de goulots étroits et/ou de couvercles, ou d'autres moyens sûrs d'emmagasinage, de tirage et de manutention, et leur utilisation est démontrée.
  • Il y a au moins 250 g de savon disponible par personne et par mois pour assurer l'hygiène personnelle.
  • Lorsque des installations communes pour le bain sont nécessaires, il y a suffisamment de cabines disponibles, séparées pour les hommes et les femmes, et elles sont employées de façon appropriée et équitable.
  • Lorsque des installations communes pour la lessive sont nécessaires, il y a au moins un lavoir pour 100 personnes, et des zones privées où les femmes peuvent laver et faire sécher leurs sous-vêtements et serviettes hygiéniques en tissu.
  • La participation de tous les groupes vulnérables est activement encouragée pour ce qui est du choix de l'emplacement des installations pour le bain et de leur construction et/ou de la production et la distribution de savon, et/ou de l'utilisation de moyens alternatifs.

Élimination des excréments

L'élimination sans risques des excréments humains constitue la première barrière contre les maladies liées à ces derniers, car elle contribue à réduire la transmission directe ou indirecte. L'élimination sans risques des excréments est donc une priorité majeure, et dans la plupart des situations de catastrophe, elle doit être abordée aussi rapidement et avec des efforts aussi assidus que l'approvisionnement en eau salubre. La fourniture d'installations appropriées pour la défécation constitue l'une des mesures d'urgence essentielles pour la dignité, la sécurité, la santé et le bien-être des personnes.



Norme 1 relative à l'élimination des excréments : accès aux toilettes et nombre de toilettes
Les personnes disposent d'un nombre adéquat de toilettes, suffisamment proches de leur habitation, pour leur permettre d'y accéder de façon rapide, sûre et acceptable à tout moment de la journée ou de la nuit.

Some key indicators
  • Un maximum de 20 personnes se servent de chaque latrine.
  • L'utilisation des toilettes est organisée par ménage (ou groupe de ménages) et/ou séparée pour les hommes et les femmes.
  • Des toilettes séparées pour les femmes et les hommes sont disponibles dans les lieux publics (marchés, centres de distribution, centres de santé, etc.) .
  • Les toilettes communes ou publiques sont nettoyées et entretenues de façon à ce qu'elles soient utilisées par tous les usagers prévus .
  • Les toilettes se situent à 50 mètres, au plus, des habitations.
  • Les toilettes sont utilisées de la façon la plus hygiénique possible, et les fèces des enfants sont éliminées immédiatement et de manière hygiénique.

Norme 2 relative à l'élimination des excréments : conception, construction et utilisation des toilettes
Les toilettes sont situées, conçues, construites et entretenues de façon à être confortables, hygiéniques et d'utilisation sûre.


Indicateurs clés
  • Les usagers (en particulier les femmes) ont été consultés et approuvent l'emplacement et la conception des toilettes
  • Les toilettes sont conçues, construites et situées de manière à ce qu'elles présentent les caractéristiques suivantes :
      - elles peuvent être utilisées par toutes les sections de la population, y compris les enfants, les personnes âgées, les femmes enceintes et les personnes présentant des handicaps physiques et mentaux;
      – elles sont situées de manière à réduire au minimum les menaces pesant sur les usagers, en particulier les femmes et les filles, à n'importe quel moment de la journée ou de la nuit;
      – elles sont suffisamment faciles à maintenir propres pour inciter à l'utilisation et ne pas présenter de risques pour la santé;
      – elles sont équipés d'un système permettant de jeter les serviettes et autres produits hygiéniques féminins, ou donnent aux femmes l'intimité nécessaire pour laver et faire sécher leurs serviettes hygiéniques en tissu;
  • Toutes les toilettes construites qui utilisent une chasse d'eau ou un siphon hydraulique sont approvisionnées en eau de manière adéquate et régulière.
  • Les latrines à fosse et les puits perdus (pour la plupart des sols) se situent à au moins 30 mètres de toute source de la nappe phréatique (source souterraine) et le fond des latrines est à au moins 1,5 mètres au-dessus du niveau hydrostatique. Les boues drainées ou débordant des systèmes de défécation ne doivent pas s'écouler dans la direction d'une source d'eau de surface ni d'une source (souterraine) peu profonde.
  • Les personnes se lavent les mains après la défécation et avant de manger et de préparer des aliments .
  • On fournit aux personnes des outils et du matériel pour la construction, l'entretien et le nettoyage de leurs propres toilettes si c'est approprié .


Informations extraites de "The Sphere Project".
Cette initiative a été lancée en 1997 par un groupe d'ONG humanitaires et le mouvement de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, qui ont formulé une Charte humanitaire et identifié des normes minimales à atteindre dans le cadre des programmes d'assistance lors de catastrophes

Sphère est un projet fondé sur deux convictions principales : premièrement, qu'il faut prendre toutes les mesures possibles pour atténuer les souffrances humaines causées par les calamités ou les conflits et, deuxièmement, que les personnes affectées par une catastrophe ont le droit de vivre dans la dignité et par conséquent de recevoir une assistance. Sphère, c'est trois choses : un manuel, un processus large de collaboration et l'expression d'un engagement concernant la qualité et la reddition de comptes.

Veuillez consulter le site Sphere project pour plus d'informations..


Medair, Zewo

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